Extrait de Premier rôle

Bonjour à tous,

Pour vous aider à patienter (et m'aider moi !) jusqu'au 9 septembre et la sortie du premier épisode de PREMIER RÔLE, je vous propose aujourd'hui les premières pages du roman ! J'ai hâte de lire vos réactions, n'hésitez pas à laisser un message. J'espère que la lecture vous plaira et vous donnera envie de découvrir Thia et son univers. Enjoy !


******* DÉBUT DU ROMAN VERSION NON CORRIGÉE ******




Je m’examinai une nouvelle fois dans la glace, sourcils froncés. Ce n’était pas un bouton que je sentais, au moins ? Pitié, pas aujourd’hui ! J’invoquai mentalement tous les dieux existants, leurs sous-fifres et tout ce qui pouvait empêcher ça. Miou entra en trombe dans la salle de bain.
— Tu es prête ? Bouge, on doit partir si on veut arriver avant ! s’impatienta-t-elle.
— Regarde ! C’est le drame, j’ai un bouton !
Miou soupira et me détailla, sceptique.
— Je t’ai dit à quel point j’étais ravie de notre amitié ?… N’importe quoi. Pas l’ombre du début d’un rien ! Tu as craqué, ma pauvre.
Je pinçai les lèvres et me penchai de nouveau pour scruter mon front.
— Tu te rappelles aussi que tu portes une frange ? Même si ce que tu prétends était vrai, de toute façon ça ne se verrait pas. Je perds mon temps à argumenter…
Elle continua à m’observer puis, après un petit moment à attendre que je décolle du miroir, émit une sorte de jappement surpris. Méfiante, je me retournai. Elle avait les yeux légèrement écarquillés, la bouche en « o »… Pas bon.
— Quoi ? grognai-je.
— Sur ton épaule !
— Hein ?!
Je pirouettai immédiatement pour examiner l’objet du délit.
— Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ?
Non, ma voix ne frôlait pas l’hystérie légère, c’était une impression due au manque de sommeil et à mon état « vaguement » fébrile.
— L’autre épaule…
Nouveau tour sur moi-même en sens inverse. Je me démontai le cou et commençai à m’impatienter.
— Quoi ?! m’agaçai-je un brin.
— Juste là ! s’écria-t-elle en posant un doigt sur une zone hors de vue.
Je me tordis un peu plus en arrière.
— Un énorme, un affreux… furoncle ! Si, si, je l’aperçois déjà…
Elle s’interrompit quand je lui donnai une tape dans l’estomac.
— Tu te trouves drôle ?
— À vrai dire, oui.
— Crétine, va, maugréai-je.
Le désavantage de fréquenter une comédienne : elle savait très bien se foutre de vous ! Je soupirai et sortis enfin de la salle de bain, après un dernier coup d’oeil au reflet, la frange bien en place.
Ma coiffure datait de la veille, mais je ne regrettais rien. Un carré plongeant dégageait ma nuque et deux mèches beaucoup plus longues sur le devant tombaient jusqu’à ma poitrine, apportant une note d’originalité à la coupe… si tant est qu’elle en eut vraiment besoin, la teinte d’un roux flamboyant parsemé de mèches noires étant déjà en elle-même assez marquée. Je pouvais sûrement me proposer pour la signalétique autoroutière. La tenue, elle aussi, « frôlait » l’excentricité : une forme asymétrique accompagnait les couleurs flashy et le large décolleté décentré dans le dos. J’avais choisi cette robe courte pour sa coupe et la manière dont elle dévoilait généreusement mes jambes de danseuse. Autant mettre mes atouts en avant aujourd’hui.
— Tes chaussures sont hallucinantes ! apprécia Miou en se repassant un coup de gloss.
Elle reboucha le capuchon et se retourna pour reluquer la courbe de ses fesses. Son air satisfait en disait long. Je n’étais pas la seule à jouer de mes charmes, même si je ne m’admirais pas aussi ouvertement que certaines. Sa jupe rouge extra-moulante ne laissait rien ignorer du galbe parfait de sa silhouette. Sans notre amitié, je l’aurais détestée. Grande blonde, elle avait les cheveux longs et un visage à la beauté classique. Ses yeux noisette surprenaient un peu et lui évitaient de ressembler au cliché de la célèbre poupée. J’aimais particulièrement son regard pétillant et rieur en toutes circonstances.
— Mais oui, tu es magnifique, Miou !
— Merci, Thia. J’adore tes chaussures. Elles sont nouvelles ?
— Oui, classes, hein ? J’ai dû vendre un rein, mais elles m’appartiennent ! C’est même étonnant qu’elles soient confortables au final. Je vais pouvoir faire le pied de grue sans broncher jusqu’à ce soir.
— En parlant de ça, si on ne décolle pas tout de suite, on finira tout derrière et on apercevra à peine les acteurs. Si ça arrive, je fais un scandale ! Je veux des photos ! Si je n’en ramène pas à ma soeur, je tue le paquet d’hystéros qu’on trouvera là-bas, en plus de ta petite personne ! Avance ou il y aura une femme à terre ! conclut-elle d’un ton sinistre.
J’obtempérai en lui tirant la langue.
— Franchement, tu prends tout ça trop à coeur, me moquai-je. On va les voir de loin, derrière les barrières ou du fond d’une salle, je te rappelle !
— C’est pour ça que tu t’inquiétais à ce point du bouton sur ton front ?
Oui, bon, je m’emballais aussi, mais elle était surexcitée depuis notre trajet en Eurostar. Si je finissais par me laisser embarquer, à qui la faute ?
Nous dûmes piquer un sprint pour combler notre retard et, en forçant un peu, nous réussîmes à prendre d’assaut une rame de métro qui sonnait le départ. La porte à soufflet faillit se refermer sur ma robe.
Quand nous arrivâmes à destination, un attroupement envahissait déjà les rues environnantes. . Les filles marchaient en bandes. Nombre d’entre elles portaient des tee-shirts à l’effigie de la saga et de ses acteurs. De jeunes punkettes et quelques gothiques traînaient à la sortie du métro. Je souris à l’une, qui me dévisagea d’un air méchant… OK, je n’avais pas choisi une tenue assez Zombies et sentiments et n’étais donc pas suffisamment identifiable. Noté.
— Avant qu’on ne m’oblige à quoi que ce soit, je dois acheter un café au Starbucks® du coin, annonçai-je. J’ai besoin de caféine et de sucre, sinon mon ventre se manifestera et ça ne sera pas joli-joli.
Miou, à moitié en transe, ne m’écoutait plus. Elle pouvait bien se moquer, j’étais encore capable de réfléchir et de parler, moi !
— Miou ! Atterris, bordel ! Je fais un saut au Starbucks, tu veux quelque chose ?
— Hein ? Oui, je commence à réserver les places ! N’importe quoi avec du caramel dedans, merci.
Elle avait déjà dérivé au loin. Je tournai les talons en lui lançant, ironique :
— Ne te fais pas piétiner pour trois photos !
Nous nous trouvions à Londres pour assister à un fan-event de ma saga fétiche du moment. Si je me fichais un peu de la partie autographes et mitraillage en règle du red carpet façon paparazzi, avec les hurlements hystériques en bonus, j’avais par contre entrepris le périple pour la suite de l’événement : une session questions/réponses avec le cast. Depuis ma lecture du premier livre de la série, j’avais dévoré et attendu avec une impatience croissante la publication des nouveaux tomes. Le succès de la série fantastique était allé grandissant depuis. Le pari improbable de raconter une histoire d’amour au milieu d’une guerre de clans, dans un monde post-apocalyptique dévasté par une horde de zombies, se révélait payant. L’auteure avait rencontré un triomphe éditorial sans précédent depuis le phénomène Harry Potter. Si le cocktail, de prime à bord, semblait bancal, il fonctionnait à merveille ! Passion, désespoir, action… tout y était.
Personnellement, je n’avais pas accroché à la romance, trop idéalisée pour moi, mais les luttes intestines de pouvoir – sans mauvais jeu de mots – et les étripages en règle de zombies me fascinaient.
Je remontai la rue où une foule compacte de filles commençait à affluer. Amusée, je les observai. Tous les âges étaient représentés, de la quarantenaire pimpante et rigolarde en jean et tee-shirt « team Finn », à la punkette de quatorze ans avec une fausse morsure sur l’épaule – très réaliste d’ailleurs, pensai-je, admirative. Toutes parlaient et riaient, branchées sur du 220 volts.


A samedi prochain pour la suite  ;)

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