Dernier extrait de "Premier rôle"

Bonjour à tous,

Nous sommes le 5 septembre, le roman sort la semaine prochaine. On est samedi, il est temps de vous livrer le dernier extrait avant la sortie. Pour vous faire plaisir, je vous propose un extrait un peu plus long, profitez, la suite sort le 9 septembre sur toutes les e-librairies !


Cet extrait fait suite à celui de la semaine dernière, si vous avez raté les deux premiers : c'est par ici , par là et enfin ici (à lire dans cet ordre, sinon c'est un puzzle !) ! N'hésitez pas à laisser un commentaire !

Bonne lecture à tous ;) 


******* DÉBUT DU ROMAN VERSION NON CORRIGÉE ******
4ème extrait




La première voiture s’ouvrit sur le couple de parents du film. Lincoln sortit en tenant la main de Beth, sa femme et la doyenne de l’histoire, un doux sourire aux lèvres. Il se dirigea vers les grappes de fans vociférantes, agrippées à leurs calepins comme si leurs vies en dépendaient. Une lutte sans merci en quête d’un autographe se joua à quelques mètres de moi. J’assistais à tout ce cirque, fascinée. J’avais beau avoir visionné des vidéos d’avant-premières et de conventions, je ne m’étais pas du tout attendue à cela. Les cris redoublèrent quand, à la suite des deux premiers acteurs, jaillirent de la limousine…
— KUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUURT !!!! hurlèrent Miou et Annouk en coeur.
Je me tournai vers elles, surprise, et me remémorai nos conversations en ligne : « Ah non, jamais je n’oserais crier, je pense que je disparaîtrais sous terre de honte… », et autres déclarations. Amusée, je pouffai et tirai la langue à une Miou coquelicot. À son expression, elle venait de réaliser son comportement. Impitoyable, je continuais à me moquer quand Beth et Lincoln avancèrent vers nous. Kurt tenait par la main Jasmine, une petite brune au style latin qui adressa de grands signes à la foule. Ils jouaient les meilleurs amis d’enfance du héros principal, interprété par Maden.
Le temps que la deuxième limousine s’arrête, les premiers Callagher entrèrent dans la salle. Une tension monstrueuse monta dans les rangs. La porte s’ouvrit sur un Jackson Easter tout sourire, à la démarche souple. Il fut accueilli par des cris et des applaudissements. Mon coeur eut un méchant raté en le détaillant et je rougis. Il était plus beau que je ne m’y attendais et dégageait quelque chose de spécial malgré la distance qui nous séparait. D’après le rire étouffé de Miou, mon trouble ne passait pas inaperçu.
Son personnage de guerrier au grand coeur et à la langue bien pendue avait toujours eu la cote avant même la sortie des films, mais le charme naturel de Jackson avait encore ajouté au capital sympathie de Ryder, qui prenait de l’importance au fil de l’histoire. Il s’approcha des fans en se dirigeant à l’opposé de Lincoln et Beth. Tyler Bishop, l’un des personnages principaux, membre du triangle amoureux, émergea à ce moment-là de la voiture. Précédé de peu par Lauren Tsweat, l’héroïne du film. Je la contemplai et la trouvai surprenante. Elle portait des vêtements très simples, un sourire timide et une crinière blonde en bataille. Elle semblait différente de son rôle, qui assez rapidement passait d’une jeune ado déboussolée à celui d’une meneuse, doublée d’une assez bonne combattante. Amusée, je regardais les débordements qui s’amplifiaient tout autour de moi.
J’assistais, sidérée, à un spectacle surréaliste, me sentant un peu en marge de tout ça. De manière peu charitable, je voulais bien l’avouer, je me divertissais tellement en me moquant intérieurement que je m’occupais moins des stars se tenant à quelques mètres à peine que de certaines filles. Ma tête pivota uniquement quand le niveau sonore explosa tout à coup. À deux doigts de me boucher les oreilles, je fronçai les sourcils. J’allais perdre un peu de mon audition, aujourd’hui.
Maden Thomas, de dos, signait des autographes. Ce n’est pas un raté que fit mon coeur, mais une dégringolade cinq bons centimètres plus bas que sa place habituelle. J’expirai bruyamment. Je devais virer carmin vu ma gêne à cette réaction instinctive. Je me tapotai les joues, en colère contre moi-même. Calme-toi, tu ressembles à une ado hystérique ! me houspillai-je. Heureusement, si je piquais souvent des fards, cela ne durait pas.
Je remarquai alors en arrière-plan, sorti de la voiture dans une complète indifférence… mon grand brun du Starbucks ! Il se tenait en retrait avec deux sacs blancs à bout de bras. Il balaya la foule du regard et, je ne sais par quel hasard étrange, m’aperçut… Les mauvaises langues diront que la couleur flamboyante de ma tignasse lui aura facilité la tâche.
Un sourire joua sur ses lèvres et il m’adressa un léger hochement de tête, avant de se rapprocher de Maden et Lauren. Il dut les encourager à accélérer le mouvement car, après une ultime tournée d’autographes, ils entrèrent dans le bâtiment à la suite de Jackson et Tyler, disparus un peu plus tôt.
Quand il passa à ma hauteur, précédant les acteurs, il me lança un clin d’oeil accompagné d’un « Bon café ! » dans un français tout à fait correct.
Abasourdie, je me détournai après l’avoir vu s’engouffrer à son tour par la porte principale, et je croisai le regard de Maden braqué sur moi. Cela ne dura qu’une seconde. Je cillai, paniquée, mais il s’éclipsait déjà, à l’instar de ses collègues. J’étais presque sûre qu’il m’avait bien dévisagée moi, et pas la voisine. Je réalisai à retardement que le commentaire du gars du Starbucks avait dû l’intriguer.
Toutes mes amies se tournèrent en bloc vers moi, au milieu de l’hystérie encore palpable. Cinq paires d’yeux me fixaient, les expressions étant pour la plupart surprises. Je comptais mentalement, pas loin de piquer seule un fou rire. 1… 2…
Les voix s’élevèrent de manière quasi simultanée et je pouffai en détaillant leurs mines ébahies.
— Mais qu’est-ce que c’est que ce bordel !
— Tu n’as rien à nous expliquer, là ?
— Hey, Thia, tu te fous de nous ?
Gagné ! Je commençais à les connaître.
— Euh, ai-je oublié de préciser ma rencontre avec un Anglais au Starbucks, tout à l’heure ? Il est possible, je dis bien possible, que je l’aie un peu… vaguement, tout au plus, insulté. Il m’a carrément ignorée pour griller la queue ! Et voilà. Bref, il nous a offert la boisson, Miou.
Elle cligna des yeux et finit par se joindre au fou rire général, avant de me prendre par les épaules :
— Ah Thia, Thia, Thia… Incapable de traverser la rue et d’acheter un café sans nous provoquer une catastrophe !
Je grognai.
— Non, mais il ne faut pas abuser, il m’est passé devant ! Je ne peux jamais garder mon calme dans ce type de situations.
Mes excuses se perdirent dans le bourdonnement ambiant. Les portes venaient de s’ouvrir et des barrières permettaient d’entrer en trois colonnes bien distinctes dans la salle où allait se dérouler la rencontre. Toutes les places étaient numérotées pour éviter les ruées. Nous avancions par à-coups, ordonnées en une longue file sage et disciplinée, telles des fourmis. Je me retrouvai rapidement sur mon siège. Notre travée se situait vers le milieu, sur le côté droit de la scène. Le fan-event avait été organisé dans un ancien théâtre qui accueillait maintenant bon nombre de conférences. Devant nous des tables étaient installées, avec micros et chaises. Mes amies se redressèrent pour déchiffrer les noms sur les cartons.
— Yes ! On a Jackson et Tyler vers nous ! glapit Lou, fan incurable de Tyler, même si elle était la seule à éprouver cette inclinaison dans notre groupe.
Lou avait à peine dix-huit ans et Tyler était le plus jeune du casting ; avec ses vingt ans, il semblait assez logique qu’elle s’en sente plus proche. Annouk s’installait confortablement, un sourire extatique collé sur son visage expressif. J’adorais cette fille car je connaissais peu de personnes aussi franches et aux traits si changeants. Elle venait de fêter ses trente ans. Son quotidien de mère de famille et secrétaire médicale ne ressemblait en rien au mien, et pourtant nous avions bien plus en commun que je ne l’aurais supposé malgré nos huit ans de différence.
Il n’était pas dur de suivre le point de mire de son attention : son regard était rivé au fauteuil vacant de Lincoln.
Mes amies étaient ravies et devisaient entre elles, surexcitées. Plus réservée concernant l’adaptation cinématographique, je restai calme, surtout maintenant que je ne risquais pas de mourir piétinée. Bien qu’heureuse de vivre ça avec elles – et je ne me cachais pas d’apprécier la plastique de certains des membres du casting –, j’aurais préféré rencontrer l’auteure elle-même.
Je me calai contre mon dossier et posai la tête sur l’épaule de Lianne, doyenne de notre petit groupe du haut de ses trente-huit ans. Elle possédait un franc-parler qui choquait un peu au départ, mais qui se révélait très attachant. Lou, Janis et elle discutaient avec animation.
La lumière baissa légèrement dans la salle et la scène apparut sur l’écran placé au-dessus. Un homme prit la parole et je vis le cast débarquer petit à petit sous les applaudissements du public. Certains portaient avec eux des gobelets en plastique entourés d’un carton… Les commandes de l’homme du Starbucks étaient donc pour les acteurs ! Je piquai instantanément un fard et m’enfonçai dans mon siège.

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La suite le 9 septembre !!



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